mardi 17 novembre 2020

Ainsi Parlait Zarathoustra, -T - Friedrich Nietzsche

 

Ainsi Parlait Zarathoustra, -T -  Friedrich Nietzsche

 

Je vous enseigne le Surhumain. [41]L’homme est quelque chose qui doit être surmonté. Qu’avez-vous fait pour le surmonter ? Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

Tous les êtres jusqu’à présent ont créé quelque chose au-dessus d’eux, et vous voulez être le reflux de ce grand flot et plutôt retourner à la bête que de surmonter l’homme restez fidèles à la terre et ne croyez pas ceux qui vous parlent d’espoirs supraterrestres ! Ce qu’il y a de plus terrible maintenant, c’est de blasphémer la terre et d’estimer les entrailles de l’impénétrable plus que le sens de la terre Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

L’heure où vous dites : « Qu’importe mon bonheur ! Il est pauvreté, ordure et pitoyable contentement de soi-même. Mais mon bonheur devrait légitimer l’existence elle-même ! » Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Ce ne sont pas vos péchés — c’est votre contentement qui crie contre le ciel, c’est votre avarice, même dans vos péchés, qui crie contre le ciel ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

L’homme est une corde tendue entre la bête et le Surhumain, — une corde sur l’abîme. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Ce qu’il y a de grand dans l’homme, c’est qu’il est un pont et non un but Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

J’aime celui qui ne réserve pour lui-même aucune parcelle de son esprit, mais qui veut être tout entier l’esprit de sa vertu Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

I faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez en vous un chaos. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Qui voudrait encore gouverner ? Qui voudrait obéir encore ? Ce sont deux choses trop pénibles. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

Est-ce cela : être malade et renvoyer les consolateurs, se lier d’amitié avec des sourds qui n’entendent jamais ce que tu veux ? Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

Quel est le grand dragon que l’esprit ne veut plus appeler ni dieu ni maître ? « Tu dois », s’appelle le grand dragon. Mais l’esprit du lion dit : « Je veux. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Il aimait jadis le « Tu dois » comme son bien le plus sacré : maintenant il lui faut trouver l’illusion et l’arbitraire, même dans ce bien le plus sacré, pour qu’il fasse, aux dépens de son amour, la conquête de la liberté : il faut un lion pour un pareil rapt. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

L’enfant est innocence et oubli, un renouveau et un jeu, une roue qui roule sur elle-même, un premier mouvement, une sainte affirmation. Oui, pour le jeu divin de la création, ô mes frères, il faut une sainte affirmation : l’esprit veut maintenant sa propre volonté, celui qui a perdu le monde veut gagner son propre monde. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Ainsi moi aussi, je jetai mon illusion par-delà les hommes, pareil à tous les hallucinés de l’arrière-monde. Par-delà les hommes, en vérité ? Hélas, mes frères, ce dieu que j’ai créé était œuvre faite de main humaine et folie humaine, comme sont tous les dieux. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Tu dis « moi » et tu es fier de ce mot. Mais ce qui est plus grand, c’est — ce à quoi tu ne veux pas croire — ton corps et son grand système de raison : il ne dit pas moi, mais il est moi. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

Il y a plus de raison dans ton corps que dans ta meilleure sagesse. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 « Ce qui fait le tourment et la douceur de mon âme est inexprimable et sans nom, et c’est aussi ce qui cause la faim de mes entrailles. » Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Autrefois tu avais des passions et tu les appelais des maux. Mais maintenant tu n’as plus que tes vertus : elles naquirent de tes passions. Leur vertu consiste à vivre longtemps dans un misérable contentement de soi. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Mais pourquoi auriez-vous le matin votre fierté et le soir votre soumission ? Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

La terre est pleine de superflus, la vie est gâtée par ceux qui sont de trop. Qu’on les attire hors de cette vie, par l’appât de la « vie éternelle » Aurore, Friedrich Nietzsche

Ls phtisiques de l’âme : à peine sont-ils nés qu’ils commencent déjà à mourir, et ils aspirent aux doctrines de la fatigue et du renoncement. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Vous dont la vie est inquiétude et travail sauvage : n’êtes-vous pas fatigués de la vie ? N’êtes-vous pas mûrs pour la prédication de la mort ? Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

L’État, c’est le plus froid de tous les monstres froids : il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : « Moi, l’État, je suis le Peuple. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

C’est un mensonge ! Ils étaient des créateurs, ceux qui créèrent les peuples et qui suspendirent au-dessus des peuples une foi et un amour : ainsi ils servaient la vie. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Ce sont des destructeurs, ceux qui tendent des pièges au grand nombre et qui appellent cela un État : ils suspendent au-dessus d’eux un glaive et cent appétits. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Certes, il vous devine, vous aussi, vainqueurs du Dieu ancien ! Le combat vous a fatigués et maintenant votre fatigue se met au service de la nouvelle idole Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Voyez donc ces superflus ! Ils sont toujours malades, ils rendent leur bile et appellent cela des journaux. Ils se dévorent et ne peuvent pas même se digérer. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Voyez donc ces superflus ! Ils acquièrent des richesses et en deviennent plus pauvres. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

La place publique est pleine de bouffons tapageurs — et le peuple se vante de ses grands hommes ! Ils sont pour lui les maîtres du moment. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Puisque tu es bienveillant et juste, tu dis : « Ils sont innocents de leur petite existence. » Mais leur âme étroite pense : « Toute grande existence est coupable. » Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

L’amitié.  Si l’on veut avoir un ami il faut aussi vouloir faire la guerre pour lui Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

En son ami on doit voir son meilleur ennemi. C’est quand tu luttes contre lui que tu dois être le plus près de son cœur. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

C’est l’homme qui mit des valeurs dans les choses, afin de se conserver, — c’est lui qui créa le sens des choses, un sens humain ! C’est pourquoi il s’appelle « homme », c’est-à-dire, celui qui évalue. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

Votre amour du prochain, c’est votre mauvais amour de vous-mêmes. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Plus haut que l’amour du prochain se trouve l’amour du lointain et de ce qui est à venir. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

Tu  as peur  et tu t’enfuis chez ton prochain. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

Vous ne vous aimez pas assez : c’est pourquoi vous voudriez séduire votre prochain par votre amour et vous dorer de son erreur. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

Vous invitez un témoin quand vous voulez dire du bien de vous-mêmes ; et quand vous l’avez induit à bien penser de vous, c’est vous qui pensez bien de vous. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

L’un va chez le prochain parce qu’il se cherche, l’autre parce qu’il voudrait s’oublier. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Ce sont les plus lointains qui payent votre amour du prochain ; et quand vous n’êtes que cinq ensemble, vous en faites toujours mourir un sixième. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

Il y y a tant de grandes pensées qui n’agissent pas plus qu’une vessie gonflée. Elles enflent et rendent plus vide encore. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

J’aime celui qui veut créer plus haut que lui-même et qui périt ainsi. — Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Chez la femme tout est une énigme : mais il y a un mot à cet énigme : ce mot est grossesse. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

L’homme est pour la femme un moyen : le but est toujours l’enfant. Mais qu’est la femme pour l’homme Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Ennemi, ne lui rendez pas le bien pour le mal ; car il en serait humilié. Démontrez-lui, au contraire, qu’il vous a fait du bien. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

Chez celui qui veut être juste au fond de l’âme, le mensonge même devient philanthropie. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Tu dois construire des monuments vivants à ta victoire et à ta délivrance. Tu dois construire plus haut que toi-même. Mais il faut d’abord que tu sois construit toi-même, carré de la tête à la base. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

Tu ne dois pas seulement propager ta race plus loin, mais aussi plus haut. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Tu dois créer un corps d’essence supérieure, un premier mouvement, une roue qui roule sur elle-même, — tu dois créer un créateur. Aurore, Friedrich Nietzsche

Mariage : c’est ainsi que j’appelle la volonté à deux de créer l’unique qui est plus que ceux qui l’ont créé. Respect mutuel, c’est là le mariage, respect de ceux qui veulent d’une telle volonté. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Je n’en veux pas de ce ciel des superflus ! Non, je n’en veux pas de ces bêtes empêtrées dans le filet céleste Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Et tous ceux qui cherchent la gloire doivent au bon moment prendre congé de l’honneur, et exercer l’art difficile de s’en aller à temps. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Il faut cesser de se faire manger, au moment où l’on vous trouve le plus de goût Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

Il est mort trop tôt ; il aurait lui-même rétracté sa doctrine, s’il avait vécu jusqu’à mon âge ! Il était assez noble pour se rétracter ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Que votre mort ne soit pas un blasphème sur l’homme et la terre, ô mes amis : telle est la grâce que j’implore du miel de votre âme. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Quand votre cœur bouillonne, large et plein, pareil au grand fleuve, bénédiction et danger pour les riverains : c’est alors l’origine de votre vertu. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

L’homme qui cherche la connaissance ne doit pas seulement savoir aimer ses ennemis, mais aussi haïr ses amis. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 « TOUS LES DIEUX SONT MORTS : NOUS VOULONS, MAINTENANT, QUE LE SURHUMAIN VIVE ! » Que ceci soit un jour, au grand midi, notre dernière volonté ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

Jadis on disait Dieu, lorsque l’on regardait sur les mers lointaines ; mais maintenant je vous ai appris à dire : Surhumain. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

Votre imagination doit aller jusqu’à la limite de vos sens ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

S’ il existait des Dieux, comment supporterais-je de n’être point Dieu ! Donc il n’y a point de Dieux. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

« Vouloir » affranchit : Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Les miséricordieux qui cherchent la béatitude dans leur pitié : ils sont trop dépourvus de pudeur. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Lorsque je lui suis venu en aide, j’ai blessé durement sa fierté. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

On devrait entièrement supprimer les mendiants ! En vérité, on se fâche de leur donner et l’on se fâche de ne pas leur donner. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 

Ainsi parle tout grand amour : il surmonte même le pardon et la pitié. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Tout grand amour est au-dessus de sa pitié : car ce qu’il aime, il veut aussi le — créer ! « Je m’offre moi-même à mon amour, et mon prochain tout comme moi » — ainsi parlent tous les créateurs. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Cependant, tous les créateurs sont durs. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Il en est d’autres qui sont semblables à des pendules que l’on remonte ; ils font leur tic-tac et veulent que l’on appelle tic-tac — vertu. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Ils veulent crever les yeux de leurs ennemis avec leur vertu ; et ils ne s’élèvent que pour abaisser les autres. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Il en est d’autres de nouveau qui croient qu’il est vertueux de dire : « La vertu est nécessaire » ; mais au fond ils ne croient qu’une seule chose, c’est que la police est nécessaire. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Pour que vous vous fatiguiez des mots « récompense » « représailles », « punition », « vengeance dans la justice » — pour que vous vous fatiguiez de dire « une action est bonne, parce qu’elle est désintéressée ». Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Passée, la méchanceté de mes flocons de neige en juin ! Je devins estival tout entier, tout entier après-midi d’été ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

 « Volonté d’égalité — c’est ainsi que nous nommerons dorénavant la vertu ; et nous voulons élever nos cris contre tout ce qui est puissant ! » Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Bon et mauvais, riche et pauvre, haut et bas et tous les noms de valeurs : autant d’armes et de symboles cliquetants pour indiquer que la vie doit toujours à nouveau se surmonter elle-même ! La vie veut elle-même s’élever dans les hauteurs avec des piliers et des degrés : elle veut scruter les horizons lointains et regarder au-delà des beautés bienheureuses, — c’est pourquoi il lui faut des hauteurs ! Et puisqu’il faut des hauteurs, il lui faut des degrés et de l’opposition à ces degrés, l’opposition de ceux qui s’élèvent ! La vie veut s’élever et, en s’élevant, elle veut se surmonter elle-même. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Vous avez servi le peuple et la superstition du peuple, vous tous, sages illustres ! — vous n’avez pas servi la vérité ! Et c’est précisément pourquoi l’on vous a honorés. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

C’est dans le désert qu’ont toujours vécu les véridiques, les esprits libres, maîtres du désert ; mais dans les villes habitent les sages illustres et bien nourris, — les bêtes de trait. Car ils tirent toujours comme des ânes — le chariot du peuple ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

L’esprit, c’est la vie qui incise elle-même la vie : c’est par sa propre souffrance que la vie augmente son propre savoir, — le saviez-vous déjà ? Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Il faut que ceux qui cherchent la connaissance apprennent à construire avec des montagnes ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Vous ne voyez que les étincelles de l’esprit : mais vous ignorez quelle enclume est l’esprit et vous ne connaissez pas la cruauté de son marteau Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Vous avez fait de la sagesse un hospice et un refuge pour de mauvais poètes. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Il fait nuit : voici que s’élève plus haut la voix des fontaines jaillissantes. Et mon âme, elle aussi, est une fontaine jaillissante. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Il y a en moi quelque chose d’inapaisé et d’inapaisable qui veut élever la voix. Il y a en moi un désir d’amour qui parle lui-même le langage de l’amour. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Je vis de ma propre lumière, j’absorbe en moi-même les flammes qui jaillissent de moi. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Qui ne craint pas mes ténèbres trouvera sous mes cyprès des sentiers fleuris de roses. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

On ne répond jamais plus durement que quand on dit « ses vérités » à sa sagesse. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietsche

 

Tu subsistes toujours, égale à toi-même, toi ma volonté patiente ! tu as toujours passé par toutes les tombes ! C’est en toi que subsiste ce qui ne s’est pas délivré pendant ma jeunesse, et vivante et jeune tu es assise, pleine d’espoir, sur les jaunes décombres des tombeaux. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Oui, tu demeures pour moi la destructrice de tous les tombeaux : salut à toi, ma volonté ! Et ce n’est que là où il y a des tombeaux, qu’il y a résurrection. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Commander est plus difficile qu’obéir. Car celui qui commande porte aussi le poids de tous ceux qui obéissent, et parfois cette charge l’écrase Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche Et la vie elle-même m’a confié ce secret : « Voici, m’a-t-elle dit, je suis ce qui doit toujours se surmonter soi-même. Aurore, Friedrich Nietzsche

Le bien et le mal qui seraient impérissables — n’existent pas ! Il faut que le bien et le mal se surmontent toujours de nouveau par eux-mêmes. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Il est plus dur de se taire ; toutes les vérités que l’on a passées sous silence deviennent venimeuses. Et que soit brisé tout ce qui peut être brisé par nos vérités ! Il y a encore bien des maisons à construire ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Et vous me dites, amis, que « des goûts et des couleurs il ne faut pas discuter ». Mais toute vie est lutte pour les goûts et les couleurs ! Le goût, c’est à la fois le poids, la balance et le peseur ; et malheur à toute chose vivante qui voudrait vivre sans la lutte à cause des poids, des balances et des peseurs Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Je goûte beaucoup chez lui l’échine du taureau : mais maintenant j’aimerais voir aussi le regard de l’ange. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Êtres éphémères, c’est ainsi que je vous appelle. Vous les « hommes de la réalité » ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

L’immaculée connaissance de toutes choses : ne rien demander aux choses que de pouvoir s’étendre devant elles, ainsi qu’un miroir aux cent regards. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Ayez donc tout d’abord le courage d’avoir foi en vous-mêmes — en vous-mêmes et en vos entrailles ! Celui qui n’a pas foi en lui-même ment toujours. Vous avez mis devant vous le masque d’un dieu, hommes « purs » : votre affreuse larve rampante s’est cachée sous le masque d’un dieu. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Dupe de vos peaux divines ; il n’a pas deviné quels serpents remplissaient cette peau. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Je suis d’aujourd’hui et de jadis, dit-il alors ; mais il y a quelque chose en moi qui est de demain, et d’après-demain, et de l’avenir. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

En vérité, nous nous sommes déjà trop fatigués pour mourir, maintenant nous continuons à vivre éveillés — dans des caveaux funéraires ! » Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

La volonté ne peut pas vouloir agir en arrière ; ne pas pouvoir briser le temps et le désir du temps, — c’est là la plus solitaire affliction de la volonté. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

La volonté est-elle déjà devenue, pour elle-même, rédemptrice et messagère de joie ? A-t-elle désappris l’esprit de vengeance et tous les grincements de dents ? Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Ceci est ma première sagesse humaine de me laisser tromper, pour ne pas être obligé de me tenir sur mes gardes à cause des trompeurs. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche Pour que la vie soit bonne à regarder il faut que son jeu soit bien joué : mais pour cela il faut de bons acteurs. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Tu es quelqu’un qui a désappris d’obéir : maintenant tu dois commander. Ne sais-tu pas quel est celui dont tous ont le plus besoin ? Celui qui ordonne de grandes choses. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

 « Ô Zarathoustra, tes fruits sont mûrs, mais toi tu n’es pas mûr encore pour tes fruits ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Et si dorénavant toutes les échelles te manquent, il faudra que tu saches grimper sur ta propre tête : comment voudrais-tu faire autrement pour monter plus haut ? Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Pour voir beaucoup de choses il faut apprendre à voir loin de soi : — cette dureté est nécessaire pour tous ceux qui gravissent les montagnes. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

C’est du plus bas que le plus haut doit atteindre son sommet. — Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

 « Vois ce portique ! nain ! repris-je : il a deux visages. Deux chemins se réunissent ici : personne encore ne les a suivis jusqu’au bout. Cette longue rue qui descend, cette rue se prolonge durant une éternité et cette longue rue qui monte — c’est une autre éternité. Ces chemins se contredisent, ils se butent l’un contre l’autre : — et c’est ici, à ce portique, qu’ils se rencontrent. Le nom du portique se trouve inscrit à un fronton, il s’appelle « instant Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Car les parcelles de bonheur qui sont en route entre le ciel et la terre se cherchent un asile dans les âmes de lumière. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Zarathoustra se mit à rire en son cœur, et il dit d’un ton ironique : « Le bonheur me court après. Cela vient de ce que je ne cours pas après les femmes. Or, le bonheur est une femme. » Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Quelques-uns d’entre eux « veulent », mais la plupart ne sont que « voulus Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Les qualités de l’homme sont rares ici : c’est pourquoi les femmes se masculinisent. Car celui qui est assez homme sera seul capable d’affranchir dans la femme — la femme. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Je suis Zarathoustra, l’impie : je fais bouillir dans ma marmite tout ce qui est hasard. Et ce n’est que lorsque le hasard est cuit à point que je lui souhaite la bienvenue pour en faire ma nourriture. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

 « Faites toujours ce que vous voudrez, — mais soyez d’abord de ceux qui peuvent vouloir ! » « Aimez toujours votre prochain comme vous-mêmes, mais soyez d’abord de ceux qui s’aiment eux-mêmes — — qui s’aiment avec le grand amour, avec le grand mépris ! » Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Ici c’est l’enfer pour les pensées solitaires. Ici l’on fait cuire vivantes les grandes pensées et on les réduit en bouillie. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Ici pourrissent tous les grands sentiments : ici on ne laisse cliqueter que les petits sentiments desséchés ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Car c’est d’« en haut » que pleuvent les étoiles et les gracieux crachats ; c’est vers en haut que vont les désirs de toutes les poitrines sans étoiles. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Je méprise ton mépris ; et si tu m’avertis, — pourquoi ne t’es-tu pas averti toi-même ? Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Ô solitude ! Toi ma patrie, solitude ! Comme ta voix me parle, bienheureuse et tendre ! Nous ne nous questionnons point, nous ne nous plaignons point l’un à l’autre, ouvertement nous passons ensemble les portes ouvertes. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

La meilleure sagesse c’est d’oublier et de passer : — c’est là ce que j’ai appris ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Chez eux tout parle, tout est divulgué. Et ce qui jadis était appelé mystère et secret des âmes profondes appartient aujourd’hui aux trompettes des rues et à d’autres tapageurs. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

On désapprend ce que l’on sait des hommes quand on vit parmi les hommes. Il y a trop de premiers plans chez les hommes, — que peuvent faire là les vues lointaines et perçantes ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

La pitié enseigne à mentir à ceux qui vivent parmi les bons. La pitié rend l’air lourd à toutes les âmes libres. Car la bêtise des bons est insondable. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

De l’âme puissante, unie au corps élevé, au corps beau, victorieux et réconfortant, autour de qui toute chose devient miroir : — le corps souple qui persuade, le danseur dont le symbole et l’expression est l’âme joyeuse d’elle-même. La joie égoïste de tels corps, de telles âmes s’appelle elle-même : « vertu ». Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Celui qui apprendra à voler aux hommes de l’avenir aura déplacé toutes les bornes ; pour lui les bornes mêmes s’envoleront dans l’air, il baptisera de nouveau la terre — il l’appellera « la légère ». Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Celui cependant qui veut devenir léger comme un oiseau doit s’aimer soi-même : — c’est ainsi que j’enseigne, moi. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Il faut apprendre à s’aimer soi-même, d’un amour sain et bien portant : afin d’apprendre à se supporter soi-même et de ne point vagabonder Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

J’appelle encore malheureux ceux qui sont obligés d’attendre toujours, — ils ne sont pas à mon goût, tous ces péagers et ces épiciers, ces rois et tous ces autres gardeurs de pays et de boutiques. En vérité, moi aussi, j’ai appris à attendre, à attendre longtemps, mais à m’attendre, moi. Et j’ai surtout appris à me tenir debout, à marcher, à courir, à sauter, à grimper et à danser. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Qui veut apprendre à voler un jour doit d’abord apprendre à se tenir debout, à marcher, à courir, à sauter, à grimper et à danser : on n’apprend pas à voler du premier coup Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Avec des échelles de corde j’ai appris à escalader plus d’une fenêtre, avec des jambes agiles j’ai grimpé sur de hauts mâts : être assis sur de hauts mâts de la connaissance, quelle félicité ! — Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Oeil regarde dans le lointain.  Et c’est toujours à contrecœur que j’ai demandé mon chemin, — cela me fut toujours contraire ! J’ai toujours préféré interroger et essayer les chemins eux-mêmes. Essayer et interroger, ce fut là toute ma façon de marcher : — et, en vérité, il faut aussi apprendre à répondre à de pareilles questions ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Ce n’est ni un bon, ni un mauvais goût, mais c’est mon goût, dont je n’ai ni à être honteux ni à me cacher. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Personne ne sait encore ce qui est bien et mal : — si ce n’est le créateur ! Mais c’est le créateur qui crée le but des hommes et qui donne sons sens et son avenir à la terre : c’est lui seulement qui crée le bien et le mal de toutes choses. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Telle est la manière des âmes nobles : elles ne veulent rien avoir pour rien, et moins que toute autre chose, la vie. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Jadis on croyait aux devins et aux astrologues ; et c’est pourquoi l’on croyait que tout était fatalité : « Tu dois, car il le faut ! » Puis on se méfia de tous les devins et de tous les astrologues et c’est pourquoi l’on crut que tout était liberté : « Tu peux, car tu veux ! » Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

il faut une nouvelle noblesse, adversaire de tout ce qui est populace et despote, une noblesse qui écrirait de nouveau le mot « noble » sur des tables nouvelles. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Vous devez être pour moi des créateurs et des éducateurs, — des semeurs de l’avenir, — — en vérité, non d’une noblesse que vous puissiez acheter comme des épiciers avec de l’or d’épicier : car ce qui a son prix a peu de valeur. Ce n’est pas votre origine qui sera dorénavant votre honneur, mais c’est votre but qui vous fera honneur ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Noblesse doit regarder, mais au dehors ! Vous devez être des expulsés de toutes les patries et de tous les pays de vos ancêtres ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

La volonté délivre : car la volonté est créatrice ; c’est là ce que j’enseigne. Et ce n’est que pour créer qu’il vous faut apprendre ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Ne faut pas vouloir être le médecin des incurables Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Quelle est la plus haute espèce chez l’être et quelle est l’espèce la plus basse ? Le parasite est la plus basse espèce, mais celui qui est de la plus haute espèce nourrit le plus de parasites. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Vous ne devez avoir que des ennemis dignes de haine, mais point d’ennemis dignes de mépris : il faut que vous soyez fiers de votre ennemi : c’est ce que j’ai enseigné une fois déjà. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Voilà ce qu’une femme m’a dit : « Il est vrai que j’ai brisé les liens du mariage[53], mais les liens du mariage m’avaient d’abord brisée — moi ! » Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

La société humaine est une tentative, voilà ce que j’enseigne, — une longue recherche ; mais elle cherche celui qui commande ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Une tentative, ô mes frères ! et non un « contrat » ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Quel que soit le mal que puissent faire les méchants : le mal que font les bons est le plus nuisible des maux ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Les bons et les justes eux-mêmes ne devaient pas le comprendre : leur esprit est prisonnier de leur bonne conscience. La bêtise des bons est une sagesse insondable. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Les bons vous ont montré des côtes trompeuses et de fausses sécurités ; vous étiez nés dans les mensonges des bons et vous vous y êtes abrités. Les bons ont faussé et dénaturé toutes choses jusqu’à la racine. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Ô toi ma volonté ! Trêve de toute misère, toi ma nécessité ! Garde-moi de toutes les petites victoires ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Tout va, tout revient, la roue de l’existence tourne éternellement. Tout meurt, tout refleurit, le cycle de l’existence se poursuit éternellement. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Tout se brise, tout s’assemble à nouveau ; éternellement se bâtit le même édifice de l’existence. Tout se sépare, tout se salue de nouveau ; l’anneau de l’existence se reste éternellement fidèle à lui-même. Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Chaque moment commence l’existence ; autour de chaque ici se déploie la sphère là-bas. Le centre est partout. Le sentier de l’éternité est tortueux. » Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Je reviendrai éternellement pour cette même vie, identiquement pareille, en grand et aussi en petit, afin d’enseigner de nouveau l’éternel retour de toutes choses, — Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Toute larme n’est-elle pas une plainte ? Et toute plainte une accusation ? Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Mes talons se cambraient, mes orteils écoutaient pour te comprendre : le danseur ne porte-t-il pas son oreille — dans ses orteils alors Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Malheur à tous ceux qui aiment sans avoir une hauteur qui est au-dessus de leur pitié ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Dieu lui-même s’est fait juif ! » Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

 « Vous devez aimer la paix, comme un moyen de guerres nouvelles, et la courte paix plus que la longue ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

C’est la bonne guerre qui sanctifie toute cause. » Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Plutôt ne rien savoir que de savoir beaucoup de choses à moitié ! Plutôt être un fou pour son propre compte qu’un sage dans l’opinion des autres ! Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Dans la vraie science consciencieuse il n’y a rien de grand et rien de petit. » Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

 « L’esprit, c’est la vie qui incise elle-même la vie, » c’est ce qui m’a conduit et éconduit à ta doctrine. Et, en vérité, avec mon propre sang, j’ai augmenté ma propre science. » Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Qui est-ce qui est plus impie que moi, afin que je me réjouisse de son enseignement ? Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Il avait aussi l’esprit confus. Que ne nous en a-t-il pas voulu, ce coléreux, de ce que nous l’ayons mal compris. Mais pourquoi ne parlait-il pas plus clairement ? Et si c’était la faute à nos oreilles, pourquoi nous donnait-il des oreilles qui l’entendaient mal ? S’il y avait de la bourbe dans nos oreilles, eh bien ! qui donc l’y avait mise ? Ainsi Parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

 

Ecce Homo, - T - Friedrich Nietzsche

 

Ecce Homo, - T -  Friedrich Nietzsche

 

Toute conquête, chaque pas en avant dans le domaine de la connaissance a son origine dans le courage, dans la dureté à l’égard de soi-même, dans la propreté vis-à-vis de soi-même. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Maintenant je vous ordonne de me perdre et de vous trouver vous-même ; Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Un être d’un type nettement morbide ne peut pas guérir et encore moins se guérir lui-même. Pour l'être bienportant la maladie peut au contraire faire office de stimulant énergique qui met en jeu et surexcite son instinct vital. C’est, en effet, sous cet aspect que m’apparaît maintenant cette longue période de maladie que j’ai traversée : j’ai en quelque sorte à nouveau découvert la vie, y compris moi-même ; j’ai goûté de toutes les bonnes choses et même des petites choses, comme d’autres pourraient difficilement en goûter. De telle sorte que, de ma volonté d’être en bonne santé, de ma volonté de vivre, j’ai fait ma philosophie... Car, qu’on fasse bien attention, les années où ma vitalité descendit à son minimum ont été celles où je cessai d’être pessimiste. L’instinct de conservation m’a interdit de pratiquer une philosophie de la pauvreté et du découragement... Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Un homme bien conformé est un objet qui plaît à nos sens ; il est fait d’un bois à la fois dur, tendre et parfumé. Il ne trouve du goût qu’à ce qui lui fait du bien. Son plaisir, sa joie cessent dès lors qu’il dépasse la mesure de ce qui lui convient. Il devine les remèdes contre ce qui lui est préjudiciable ; il fait tourner à son avantage les mauvais hasards ; ce qui ne le fait pas périr le rend plus fort. De tout ce qu’il voit et entend, de tout ce qui lui arrive, il sait tirer une somme conforme à sa nature : il est lui-même un principe de sélection ; il laisse passer bien des choses sans les retenir. Il se plaît toujours dans sa propre société, quoi qu’il puisse fréquenter, des livres, des hommes ou des paysages : il honore en choisissant, en acceptant, en faisant confiance. Il réagit lentement à toutes les excitations, avec cette lenteur qu’il tient, par discipline, d’une longue circonspection et d’une fierté voulue. Il examine la séduction qui s’approche, il se garde bien d’aller à sa rencontre. Il ne croit ni à la « mauvaise chance », ni à la « faute » : il sait en finir avec lui-même, avec les autres, il sait oublier. Il est assez fort pour que tout tourne, nécessairement, à son avantage. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Le souvenir est une plaie purulente. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Rien ne vous fait vous consumer plus vite que le ressentiment. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Le dépit, la susceptibilité maladive, l’impuissance à se venger, l’envie, la soif de la haine, ce sont là de terribles poisons Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Le profond physiologiste qu’était Bouddha l’a compris. Sa « religion », qu’il faudrait plutôt appeler une hygiène, pour ne pas la confondre avec une chose aussi pitoyable que le christianisme, subordonne ses effets à la victoire sur le ressentiment. Libérer l’âme du ressentiment, c’est le premier pas vers la guérison. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Le penchant à être agressif fait partie de la force aussi rigoureusement que le sentiment de vengeance et de rancune appartient à la faiblesse. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Je n’attaque jamais de personnes, je ne me sers des personnes que comme d’un verre grossissant au moyen duquel on peut rendre visible une calamité publique encore cachée et difficilement saisissable. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Je suis doué d’une impressionnabilité absolument inquiétante du sens de la propreté, de sorte que je perçois physiologiquement l’approche— que dis-je ? — l’intimité de la nature la plus cachée de l’âme que j’ai devant moi. Je la flaire. Grâce à cette impressionnabilité j’ai comme des antennes psychologiques à l’aide desquelles je puis tâter et palper toutes sortes de mystères toute la pourriture cachée qui croupit au fond de certaines natures, mais qui tire peut-être son origine de quelque vice de sang dissimulé par l’éducation, je la perçois presque toujours dès le premier contact. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

 « Gardez-vous de cracher contre le vent ! » Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Quand une chose finit mal, il arrive trop facilement que l’on manque de coup d’œil pour ce que l’on a fait : le remords me paraît être une sorte de mauvais œil. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Défense de soi. S’abstenir de voir certaines choses, de les entendre, de les laisser venir à vous, premier commandement de la sagesse, première démonstration que l’on n’est pas un objet du hasard, mais une nécessité. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Devenir ce que l’on est, cela fait supposer que l’on ne se doute même pas de ce que l’on est. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Mon privilège c’est d’avoir les sens très aiguisés pour tous les symptômes des instincts bien portants. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Celui qui a communément besoin d’attitudes n’est pas franc... Gardez-vous des hommes pittoresques ! Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Quand je méprise quelqu’un, il devine que je le méprise : je révolte par ma seule présence tout ce qui a du sang corrompu dans les veines... Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Ma formule pour la grandeur de l’homme, c’est amor fati. Il ne faut rien demander d’autre, ni dans le passé, ni dans l’avenir, pour toute éternité. Il faut non seulement supporter ce qui est nécessaire, et encore moins le cacher — tout idéalisme c’est le mensonge devant la nécessité — il faut aussi l’aimer... Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Ne suis pas encore d’actualité. Quelques-uns naissent d’une façon posthume. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

N’existe nulle part une espèce de livres plus fière et plus raffinée tout à la fois. Ils atteignent çà et là le maximum de ce qui peut être atteint sur la terre le cynisme. Il faut les conquérir en se servant à la fois des doigts les plus délicats et des poings les plus courageux. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Quand je veux imaginer le type parfait d’un de mes lecteurs, j’en fais toujours un monstre de courage et de curiosité qui possède en outre quelque chose de souple, de rusé, de circonspect, ce qui constitue l’aventurier et l’explorateur né. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

Tout style est bon qui communique véritablement un état d’âme, qui ne se méprend pas sur l’allure des signes, sur les gestes. Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

La vie est malade à cause de ce rouage inhumain et mécanique, à cause du travail « impersonnel » de l’ouvrier, à cause de la fausse économie dans la « division du travail ». Le but qui est la culture se perd ; le moyen, l’activité Ecce Homo, Friedrich Nietzsche

 

 

mercredi 11 novembre 2020

La grande histoire du monde, - T - François Reynaert, Fayard

 

La grande histoire du monde, - T - François Reynaert, Fayard


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La terre est ronde. Cela permet à tous les peuples qui l’habitent de se croire au centre du monde. » La grande histoire du monde, François Reynaert

À partir du XVIe siècle, l’Europe a connu une expansion fulgurante qui lui a permis de conquérir la quasi-totalité de la planète. Cette domination s’est achevée au XXe siècle dans le fracas des deux guerres mondiales que le petit continent a provoquées. À la suite de la Seconde, les États-Unis et l’URSS ont pris le relais. Ils se sont partagé le globe au nom de deux systèmes idéologiques – hérités de la pensée européenne. La grande histoire du monde, François Reynaert

Mon idée fixe a été de ne garder que les lignes de force essentielles à la compréhension d’un grand mouvement de l’histoire, et de donner les rudiments de la connaissance à son sujet. La grande histoire du monde, François Reynaert

Non, l’homme n’est pas une créature façonnée par Dieu à son image, apparue au moment de la Création, il y a 6 000 ans. L’homme est un primate comme un autre et les mystérieuses lois de l’évolution l’ont lentement transformé au cours des millénaires pour en faire cet être d’aujourd’hui qui a réussi, grâce à son intelligence – et parfois sa déraison – à dominer la planète. La grande histoire du monde, François Reynaert

Et si Homo sapiens n’était pas né d’un seul berceau africain, mais était le fruit de l’évolution qui s’est reproduite un peu à la fois dans des endroits divers du globe ? La grande histoire du monde, François Reynaert

Les civilisations sont le produit de lents mouvements historiques qui prennent leurs racines loin dans le temps, elles sont nourries par des courants divers, multiples, contradictoires et nulle borne aussi clairement posée ne marque leur début. La grande histoire du monde, François Reynaert

Le christianisme et la culture grecque sont deux sources essentielles de la civilisation occidentale. Qu’il soit croyant ou qu’il soit athée, qu’il soit docteur en philosophie ou qu’il n’ait jamais ouvert un texte grec de sa vie, qu’il soit bulgare, espagnol, belge ou suédois, tout Européen est aussi un fils d’Athènes et de Jérusalem, qui ont façonné sa façon de penser, sa morale, son esthétique, la langue qu’il parle, ses conceptions politiques, son rapport au temps ou à l’univers. La grande histoire du monde, François Reynaert

Les Grecs se sont établis en Asie Mineure, sur la mer Noire et sur le pourtour du Bassin méditerranéen. Ils y sont, écrira Platon, comme les grenouilles autour d’une mare ». La grande histoire du monde, François Reynaert

Alphabet ainsi nommé car alpha et bêta sont les deux premières lettres de la liste. La grande histoire du monde, François Reynaert

Barbares, c’est-à-dire des rustres incapables de s’exprimer convenablement qui ne savent que bredouiller des bruits incompréhensibles, bar… bar… – c’est l’étymologie du mot. La grande histoire du monde, François Reynaert

Dans cet univers profondément religieux, de nombreuses décisions se prennent par tirage au sort, car les Grecs pensaient que celui-ci indiquait la volonté des dieux. La grande histoire du monde, François Reynaert

L’humanisme, en plaçant l’Homme au centre de la Création, lui donne une position de domination sur la nature qui, contrairement à la place qu’elle tient dans d’autres mondes, n’a rien de sacré. La grande histoire du monde, François Reynaert

la magnifique notion de progrès scientifique, mal comprise, peut s’égarer dans le scientisme, cette dérive consistant à idolâtrer la science, à estimer qu’elle est supérieure à tout. Au bout de ce chemin pointe une maladie contre lesquels les Grecs mettaient en garde, l’hubris, ce péché d’orgueil. La grande histoire du monde, François Reynaert

Le monothéisme universaliste chrétien a un défaut : en posant l’idée qu’il n’y a qu’un seul dieu et qu’il doit parler à tous les hommes, il décrète le règne de la vérité unique, mère de l’intolérance et des guerres de religion. C’est la grande limite de la pensée occidentale. Par nature, elle s’autorise à se croire seule capable de dire le bien et le mal, la vérité et l’erreur. La grande histoire du monde, François Reynaert

L’un et l’autre principe ne sont pas plus chargés en valeurs morales que le pôle « plus » et le pôle « moins » d’une pile électrique. Précisément, ils fonctionnent comme le courant. Ils sont complémentaires, l’un a besoin de l’autre, et l’autre a besoin de l’un, car c’est leur opposition, leur alternance qui créent la direction, le mouvement, comme l’alternance de la jambe gauche et celle de la jambe droite créent la marche. Enfin, ce mouvement perpétuel met en branle tout ce qui constitue l’univers, et est formé de cinq éléments. La grande histoire du monde, François Reynaert

En Chine, on ne se préoccupe pas de l’opposition mais de l’énergie produite par l’interaction des uns et des autres. La grande histoire du monde, François Reynaert

Le confucianisme est une doctrine sociale, dans le sens premier du mot. La grande histoire du monde, François Reynaert

Les dieux ont coupé l’homme primordial en quatre. Les brahmanes, qui ont le monopole de la parole, correspondent à sa bouche ; les guerriers à ses bras ; les artisans et commerçants à ses jambes ; et les serviteurs, soumis à tous les autres, à ses pieds. La grande histoire du monde, François Reynaert

En Lydie coule le Pactole, une rivière où abondent les paillettes d’or. La grande histoire du monde, François Reynaert

Quand l’empereur prend une décision alors qu’il est sobre, ajoute l’historienne, il juge sage de boire pour vérifier si, une fois saoul, il la maintient… La grande histoire du monde, François Reynaert

En persan, un jardin clos se dit pairi daeza. Les Grecs, éblouis par ceux qu’ils découvrirent, reprirent le mot pour en faire le « paradis ». Le monde judéo-chrétien le fit monter au ciel. La grande histoire du monde, François Reynaert

Synthétise ces apports dans la religion qu’il fonde. Elle est dualiste, c’est-à-dire qu’elle repose sur une opposition frontale entre un monde bon et un monde méchant, et porte son nom : le manichéisme. La grande histoire du monde, François Reynaert

Ces cultes nouveaux sont très différents des religions anciennes sur un point essentiel. Le plus souvent, ils ne sont plus réservés à tel ou tel peuple en particulier, mais prétendent parler à tous les hommes. Cela rend leur concurrence difficile. Comment faire coexister plusieurs vérités si une seule existe ? La grande histoire du monde, François Reynaert

Un Chinois ne connaît son pays que comme zhong guo, « le pays du Milieu » (plus tard traduit en Europe en « empire du Milieu »), c’est-à-dire l’axe du monde autour duquel ne peuvent tourner que des inférieurs et des barbares. La grande histoire du monde, François Reynaert

Les hommes doivent n’avoir que la loi pour référence. Ils n’ont donc plus besoin de toute la littérature ni du prétendu savoir qui ne servait qu’à créer le trouble dans les esprits et le désordre dans le pays. La grande histoire du monde, François Reynaert

La calligraphie, art chinois par excellence, qui s’attache, dans la perfection du dessin d’un caractère, à exprimer plus qu’un simple mot, un concept, une essence. La grande histoire du monde, François Reynaert

Aux VIIe et VIIIe siècles de notre ère, la grande conquête arabe dessinera une ligne de fracture au milieu de la Méditerranée. C’est depuis qu’on y voit un Sud – le monde musulman – et un Nord – l’Europe chrétienne. La grande histoire du monde, François Reynaert

Un Romain conçoit son empire tel un monde circulaire, tournant autour de la mare internum – la mer intérieure – comme il lui arrive de l’appeler, et ne différencie nullement sa rive nord ou sud. L’Égypte ou la Tunisie, appelée l’Afrique, sont de grandes et riches provinces romaines au même titre que la Pannonie, où se trouve l’actuelle Hongrie, ou la Germanie inférieure, où sont les Pays-Bas et le nord de l’Allemagne. La grande histoire du monde, François Reynaert

De même que Rome est devenue chrétienne, le christianisme se romanise. Dès ses débuts, il s’est répandu dans le creuset qu’offrait l’empire, c’est-à-dire tout autour de la Méditerranée. Partout, il a du mal à s’implanter dans les campagnes, qui restent longtemps fidèles aux anciens cultes. Le vocabulaire l’atteste : le mot « païen » dérive du latin paganus, le paysan. La grande histoire du monde, François Reynaert

Un calife n’est nécessaire que pour faire l’unité de la communauté ; les savants, qu’on appelle des oulémas, ne sont là que pour éclairer la doctrine ; et les imams sont simplement les hommes qui guident la prière à la mosquée. Pour le reste, un croyant n’a, en matière de religion, qu’à se fonder sur le Coran et les faits et dits du Prophète, les hadiths. Ces deux piliers de la foi forment la sunna, la tradition. Leur courant est le sunnisme. La grande histoire du monde, François Reynaert

Qui, de celui qui règne sur les âmes ou de celui qui règne sur les hommes est supérieur à l’autre ? Et le simple fait de la poser sans cesse aboutit à entériner la séparation entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel si fondamentale, sens, c’est d’elle que naîtra bien plus tard le principe de laïcité. La grande histoire du monde, François Reynaert

Réformer (c’est-à-dire de lui redonner sa forme première). La grande histoire du monde, François Reynaert

Les Mongols ont conquis le monde. En quelques décennies, le monde qu’ils ont conquis les absorbe. La grande histoire du monde, François Reynaert

Cette façon de voir a été façonnée au temps de la conquête coloniale, quand il s’agissait de prouver que seule l’Europe avait su « apporter la civilisation » à un univers qui en était dépourvu. La grande histoire du monde, François Reynaert

Le Moyen Âge, lit-on souvent, était tourné vers Dieu et posait la soumission aux maîtres comme source de toute sagesse. La Renaissance déplace le regard vers l’homme. Elle l’incite à penser par lui-même en s’affranchissant des dogmes. La grande histoire du monde, François Reynaert

L’Europe chrétienne se sent investie d’une mission, elle est intimement persuadée qu’il est de son devoir de convertir tous les peuples qu’elle rencontrera à ses propres conceptions religieuses, à ses normes, à ses valeurs. La grande histoire du monde, François Reynaert

Capables d’affronter tous les périls, les chefs des expéditions ne sont pas des repris de justice, et pour la plupart, ils sont bien les hommes d’un courage surhumain dont la postérité a fixé le souvenir. Il n’est pas inutile d’ajouter qu’ils puisent essentiellement cette intrépidité dans leur fanatisme religieux. Rien ne peut leur arriver, puisque Dieu est avec eux. Formés dans la mythologie de la Reconquista, ils haïssent tout particulièrement les musulmans, en qui ils voient par ailleurs leurs principaux rivaux commerciaux. Ils sont capables de tout pour assouvir cette haine. La grande histoire du monde, François Reynaert

Le but des expéditions était, selon une formule attribuée à Vasco de Gama, de « trouver des chrétiens et des épices ». La grande histoire du monde, François Reynaert

La guerre entre les deux est inscrite dans la géographie. La grande histoire du monde, François Reynaert

Je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde. » La grande histoire du monde, François Reynaert

Francis Bacon (1561-1626) élabore la méthode expérimentale, qui veut que toute vérité ne puisse être tirée que de l’expérience observée, vérifiée, doublée du principe de l’induction, consistant à partir des cas particuliers étudiés pour en induire les lois générales qu’on cherche. La grande histoire du monde, François Reynaert

Tous les astres tiennent grâce à l’attraction qu’ils exercent les uns sur les autres. C’est la loi de la gravitation universelle. La grande histoire du monde, François Reynaert

Le merrcantilisme suppose que la possession d’or et d’argent est la seule source de richesse d’un pays et que le rôle de l’État est de tout mettre en œuvre pour l’augmenter le plus possible. L’idéal mercantiliste est donc de faire grossir les réserves monétaires en exportant beaucoup et en important peu. La grande histoire du monde, François Reynaert

 « Que peut-on faire pour vous aider ? » demande un jour Colbert, le très dirigiste ministre de Louis XIV, à un marchand. « Monseigneur, répond celui-ci, laissez faire, laissez passer ! »

Le mot tsar est la version slave de César, le titre que se donnaient les empereurs romains. Il nous indique le destin que le pays s’assigne désormais à lui-même. L’idée est qu’après la chute aux mains des Turcs de Constantinople, la deuxième capitale romaine, Moscou est appelée à être la Troisième Rome, seule à même de maintenir vivante la flamme du christianisme orthodoxe. La grande histoire du monde, François Reynaert

L’Inde, une des terres les plus riches du monde, est devenue la colonie d’un pays vingt fois plus petit qu’elle au cours d’un long processus qui a été, pendant deux siècles et demi, le fait de marchands travaillant pour une entreprise privée. La grande histoire du monde, François Reynaert.

À la fin du XVIIIe siècle, le mot « nabab » entre dans le vocabulaire anglais selon un sens qui nous est resté depuis : le viveur, le flambeur. Il désigne les employés de la Compagnie revenant en Angleterre pour y jouir, dans l’excès, des fortunes colossales amassées outre-mer, dépassant de très loin les plus modestes bénéfices versés aux actionnaires de l’entreprise qu’ils étaient censés servir. La grande histoire du monde, François Reynaert

Sur le plan économique, le propre de la colonisation est de sortir du cadre d’un échange d’égal à égal entre deux partenaires pour passer à l’exploitation pure et simple du pays colonisé au profit d’une métropole. La grande histoire du monde, François Reynaert

Vers 1600, nous précise l’Atlas historique Kinder-Hilgemann, 49 % des terres de la planète ont été reconnues. En 1800, le chiffre monte à 83 % La grande histoire du monde, François Reynaert

Les femmes, ces « nymphes » belles et nues comme un premier matin du monde, ne poussent-elles pas l’hospitalité jusqu’à s’offrir à tous les étrangers qui se présentent à elles ? Elles sont si simples et naturelles, explique le capitaine, qu’il ne faut leur offrir que quelques clous, inconnus dans ces lieux, pour recevoir leur consentement. La grande histoire du monde, François Reynaert

Il semble confirmer la philosophie du « bon sauvage » développée par Rousseau : c’est bien la société qui corrompt les hommes alors qu’à l’« état de nature », dans lequel ils sont manifestement restés dans cette île lointaine de Tahiti, ils vivent dans le bonheur. La grande histoire du monde, François Reynaert

Comme ailleurs, le surgissement des armes à feu et de la Bible dans un monde qui ne les connaissait pas change tout. La grande histoire du monde, François Reynaert

Les dix premiers amendements au texte, votés très rapidement après son adoption, forment une sorte de charte garantissant les droits individuels, tels que le droit de propriété, celui de porter une arme, ou encore la liberté de parole, de religion ou de réunion. La grande histoire du monde, François Reynaert

Le texte commence par ces mots : « We, the people of the United States ». Pour la première fois dans l’histoire occidentale moderne, un peuple s’est constitué en entité pour prendre son destin en main et a réussi à transformer celui-ci sans bain de sang ni guerre civile. La grande histoire du monde, François Reynaert

 

Dans la nuit du 4 août, l’Assemblée nationale vote dans l’euphorie l’abolition des privilèges. Le 26, elle proclame la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui commence par ces mots : « Tous les hommes naissent libres et égaux en droit. » En trois mois, un millénaire de féodalité, d’inégalité fondée sur le sang, de trône appuyé sur l’autel, ont été jetés à bas. Un nouveau monde est à construire. La grande histoire du monde, François Reynaert

Jenner (1749-1823), père de la vaccination4, c’est-à-dire l’inoculation d’une forme atténuée de la maladie, a terrassé la variole. La grande histoire du monde, François Reynaert

Syllabus, le catalogue de ce que le Saint-Siège estime être les erreurs de notre temps ». Sont condamnés, entre autres égarements, la liberté de conscience, le droit de l’État d’agir hors du contrôle de l’Église, le fait que la science peut établir des vérités contraires au dogme, l’enseignement laïque, c’est-à-dire à peu près toutes les valeurs qui, de nos jours, forment le socle idéologique des démocraties. La grande histoire du monde, François Reynaert

Auguste Comte (1798-1857), un philosophe français, invente le positivisme qui théorise cette représentation : l’humanité, selon lui, a connu des âges divers. Après celui de la religion, puis celui de la philosophie, des idées abstraites, arrive enfin l’âge positif, celui de la science, des faits. La grande histoire du monde, François Reynaert

Au XIXe, aucun Européen n’en voit plus nulle part ailleurs qu’en Europe. Le monde, à leurs yeux, n’est plus composé de diverses civilisations. Il est partagé entre la civilisation, c’est-à-dire la leur, celle du progrès, de la science, des bateaux à vapeur, de la puissance moderne, et le reste du monde. La grande histoire du monde, François Reynaert

L’impérialisme, c’est-à-dire la volonté des puissances européennes de créer des empires loin de chez eux, découle de ce sentiment de supériorité. La grande histoire du monde, François Reynaert

Puisque l’Occident est « en avance », puisqu’il a réussi à produire la meilleure société qui puisse être au monde, il a pour devoir de sortir les « sauvages » de leur « sauvagerie », et les mondes en léthargie de leur sommeil. La grande histoire du monde, François Reynaert

Même chez les plus grands esprits, cet universalisme aboutit toujours à théoriser la supériorité de certains sur d’autres. La grande histoire du monde, François Reynaert

Victor Hugo, par ailleurs l’admirable défenseur des nobles causes et des pauvres gens s’écrie : « Au XIXe siècle, le Blanc a fait du Noir un homme. » Rôles selon lui dévolus aux différents peuples de la Terre : la « race chinoise » est une « race d’ouvriers », à la « dextérité de main merveilleuse » mais qui n’a « presque aucun sentiment d’honneur ». Le « nègre » appartient à la « race de travailleurs de la terre » tandis que la « race européenne », est celle des « maîtres et des soldats ». « Que chacun fasse ce pour quoi il est fait et tout ira bien », conclut-il benoîtement10. Tous les gens de son temps pensent ainsi, y compris ceux qui sont censés faire l’usage le plus rationnel de leur cerveau. La grande histoire du monde, François Reynaert

Il a fait naître en Europe un autre principe, parfaitement contradictoire avec les options réactionnaires du tsar et de ses amis : l’idée nationale. La grande histoire du monde, François Reynaert

Le pouvoir des princes, que ceux-ci prétendaient tenir de la volonté de Dieu. Les révolutions américaine et française ont renversé ce principe. À Philadelphie et au Jeu de paume, elles ont décrété que désormais la souveraineté n’émanerait plus du sommet de la pyramide sociale, mais de sa base, de l’ensemble du peuple habitant le pays, de la nation. La grande histoire du monde, François Reynaert

 Le peuple français s’est constitué dans un cadre qui préexistait, un État longuement construit par les rois. La plupart des autres Européens ne sont pas dans ce cas. La grande histoire du monde, François Reynaert

Vienne, en 1867, signe avec les Hongrois un « compromis » qui crée un nouveau système de pouvoir leur laissant une plus grande autonomie. Désormais, François-Joseph ne tiendra plus toutes ses possessions sous une même couronne. Il en aura deux. Il sera à la fois empereur d’Autriche et roi de Hongrie, souverain bicéphale d’un nouveau pays, la double monarchie d’Autriche-Hongrie. La grande histoire du monde, François Reynaert

Les colons affluent vers les terres nouvelles dans l’espoir d’une vie meilleure que celle qu’ils ont laissée derrière eux. Le mouvement est également porté par un fort sentiment religieux. Dès les temps des Pères pèlerins, l’Amérique apparaissait comme la Terre promise par Dieu aux chrétiens fuyant les persécutions religieuses3. L’expansion du XIXe siècle, se place sous les mêmes auspices. Au moment où un débat opposait les Américains pour savoir s’il fallait ou non annexer le Texas, dans les années 1840, le journaliste John O’Sullivan écrit : « C’est notre destinée manifeste de nous étendre sur un continent qui nous a été donné par la Providence. » L’expression de « destinée manifeste4 » fait florès, elle résume le messianisme américain, cette idée que tout ce qu’entreprend le peuple des États-Unis est l’expression d’une volonté divine. On la retrouvera à l’œuvre longtemps. La grande histoire du monde, François Reynaert

Les ouvriers apprennent à s’organiser, comme le font leurs cousins d’Europe. Contrairement à ce qui se passe dans le Vieux Monde, peu d’entre eux défendent le socialisme. Le capitalisme et ses promesses d’enrichissement sont trop liés au « rêve américain » qui a attiré les immigrants pour être remis en cause. La grande histoire du monde, François Reynaert

Comment réussir cette progression démocratique quand la base du peuple est éclatée entre des groupes aux intérêts aussi divergents ? Les seuls qui arrivent à résoudre cette contradiction sont les leaders populistes qui flattent les masses en jouant sans complexe sur les ressorts du patriotisme le plus outrancier et, dans le même temps, apaisent les possédants en promettant des régimes d’ordre et en garantissant leurs privilèges. La grande histoire du monde, François Reynaert

Le pays (Chine) n’avait pas pris la voie de l’industrialisation tout simplement parce que sa prospérité lui suffisait et qu’il n’avait donc nul besoin de transformer un système qui fonctionnait ? Le spécialiste appelle cela le « piège de l’équilibre de haut niveau ». La grande histoire du monde, François Reynaert

Pendant des siècles, le confucianisme a servi à pacifier les rapports sociaux et à former la solide administration mandarinale. Il ne réussit plus qu’à scléroser les esprits, à les empêcher de réagir face au choc de la rencontre avec l’Occident. La grande histoire du monde, François Reynaert

Tous les Chinois la connaissent jusque dans ses détails. L’effondrement de l’empire durant ce siècle terrible représente, pour eux, un traumatisme dont ils ne sont toujours pas guéris. L’opiniâtreté de la Chine du XXIe siècle à retrouver un leadership international, à conquérir la première place en économie, est encore et toujours soutenue par la volonté forcenée d’effacer la honte. La grande histoire du monde, François Reynaert

Dans la vision hiérarchisée du monde que se font ceux qui s’en croient les maîtres, le continent noir tient une place particulière : il est tout en bas. Il n’est pas « en retard », comme le sont les vieilles civilisations d’Asie, il est tout simplement resté au stade du monde « primitif », c’est-à-dire situé quelque part entre la « sauvagerie » et l’âge de pierre. Il est donc impératif de l’en tirer au plus vite pour extirper les pratiques barbares qui s’y appliquent encore, en particulier l’esclavage. Presque toutes les interventions coloniales, on l’a oublié, sont justifiées au départ par des motifs humanitaires. La grande histoire du monde, François Reynaert

Les expéditions se sont toutes parées du masque de l’humanité. Il ne s’agissait jamais de conquérir, mais toujours de libérer les populations du joug de ceux qui les opprimaient, les roitelets cruels, les marchands d’esclaves arabes, les terribles anthropophages. On venait faire le bien. Il serait d’ailleurs injuste de négliger le fait que nombre de missionnaires, de médecins, d’infirmiers, d’instituteurs ont participé à l’entreprise coloniale parce qu’ils voyaient en elle un outil du progrès, et, à titre individuel, chacun dans leur branche, en éduquant, en soignant, ont fait ce qu’ils ont pu pour la rendre telle. La grande histoire du monde, François Reynaert

Même animé des meilleures intentions, le Blanc ne considère le Noir que comme un enfant à qui il faut tout apprendre, La grande histoire du monde, François Reynaert

Tous les Africains, sauf de rares exceptions, sont soumis à un équivalent de ce que les Français nomment le Code de l’indigénat, qui fait des sujets de l’empire des inférieurs et leur dénie tous les droits politiques et syndicaux des citoyens de la métropole. La grande histoire du monde, François Reynaert

Les traités imposés aux vaincus devaient assurer au monde une paix perpétuelle ; ils contiennent en germe des guerres à venir. La grande histoire du monde, François Reynaert

Toutes les anciennes provinces ottomanes deviennent ce qu’on appelle alors des « mandats » de la SDN, des territoires dont les « peuples ne sont pas encore capables de se diriger eux-mêmes ». La grande histoire du monde, François Reynaert

Leur administration est donc confiée à des puissances, ce qui revient, dans les faits, à en faire des protectorats. Une conférence diplomatique tenue à San Remo en fixe les frontières, qui suivent à peu près ce que les diplomates Sykes et Picot avaient prévu dès 1916. La grande histoire du monde, François Reynaert

Les Français obtiennent le nord d’une vaste zone centrée sur Damas. Las d’attendre, Fayçal, qui s’y trouvait, s’est fait couronner roi. Sans la moindre considération pour un ancien allié, les Français envoient une armée le chasser et prennent possession d’une région dont, après des hésitations, ils font deux pays. La création du premier est demandée par leurs alliés traditionnels, les chrétiens maronites, qui sont majoritaires autour du mont Liban. Le problème est que leur petite région est trop pauvre pour former un État viable. Paris accepte donc de lui adjoindre la riche plaine de la Bekaa et les ports de la côte, comme Beyrouth ou Tripoli, autant d’endroits habités par d’autres populations, druze, chiite ou sunnite. Dans cette nouvelle configuration, les maronites sont à peine majoritaires, mais le pays peut vivre. Le Grand Liban (fondé en 1920) est à l’origine du Liban actuel. Il existe également de nombreuses minorités dans le reste du mandat. Après avoir songé à le diviser en petits États pour y régner plus facilement, les Français décident de n’en plus faire qu’un seul, la Syrie ; La grande histoire du monde, François Reynaert

Stakhanov, un mineur du bassin houiller du Donbass (Ukraine), aurait mis tant d’ardeur à la tâche, lors d’une nuit d’été de 1935, qu’il aurait multiplié par quatorze, à lui seul, le quota demandés à chaque travailleur. Une campagne de propagande en fait une gloire nationale, le type même de l’« homme nouveau » que le régime veut voir naître. Le « stakhanovisme » devient le nom d’une méthode utilisée pour augmenter la productivité dans les usines. La grande histoire du monde, François Reynaert

La politique étrangère d’Hitler repose sur trois obsessions. Effacer le traité de Versailles, ce diktat qui a humilié l’Allemagne ; réaliser le pangermanisme, c’est-à-dire l’union de tous les Allemands, où qu’ils vivent, sous la coupe de Berlin ; et enfin assurer à la race aryenne son « espace vital » par l’expansion à l’est, là où vivent des populations slaves dont le Führer estime qu’elles ne méritent que d’être vaincues et asservies. La grande histoire du monde, François Reynaert

Depuis le XIXe siècle, depuis la colonisation et l’humiliation par l’Occident, le monde arabo-musulman est hanté par la même question : comment notre civilisation (et notre religion) qui régnait sur le monde a-t-elle pu tomber si bas ? Comment peut-elle remonter ? D’une certaine manière, toute l’histoire du Moyen-Orient après 1945 peut s’entendre comme une réponse à cette dernière interrogation. La grande histoire du monde, François Reynaert

Mais l’idée qui a été mise en valeur est appelée à un grand avenir. Elle pose que le meilleur gouvernement des hommes ne peut prendre sa source que dans le respect de Dieu et de la loi religieuse : on l’appelle l’« islamisme » ; La grande histoire du monde, François Reynaert

Pour Ibn Séoud, l’affaire est tentante. Il est à la tête d’un grand État à la vaste frontière, qu’il est en peine de protéger. Le mariage se fait sur cette base dès l’après-guerre : les Saoudiens laissent aux Américains la main sur leur pétrole en échange du parapluie de leur force militaire. C’est le paradoxe de la seconde moitié du XXe siècle. Les États-Unis se retrouvent les meilleurs alliés d’un pays qui va devenir le plus grand propagandiste d’un islam qui se veut en guerre contre l’Occident. La grande histoire du monde, François Reynaert

Le royaume d’Ibn Séoud a une autre caractéristique. Il défend le wahhabisme, une doctrine fondamentaliste qui promeut la lecture la plus étroite et la plus littérale du Coran, et pose la charia comme seule règle de gouvernement. La grande histoire du monde, François Reynaert

Dès les années 1920, Mao a commencé à former sa propre doctrine en adaptant le communisme à la réalité chinoise : il donne un rôle important aux masses paysannes, plutôt qu’à la classe ouvrière, ou encore estime qu’il faut passer directement de la « féodalité » à la société nouvelle, sans transition bourgeoise, comme le voulait Karl Marx, qui raisonnait en se référant à l’histoire occidentale.

Disparition des idéologies au nom d’un modèle lui-même très messianique. Comme les positivistes du XIXe siècle avaient eu le don de transformer l’amour de la science en une croyance, et les communistes le matérialisme en un culte, l’horizon indépassable d’un paradis terrestre issu du croisement étonnant de Wall-Street et de la Bible avait tout de la pensée religieuse. La grande histoire du monde, François Reynaert

La fin de la guerre froide allait permettre non pas l’avènement du libéralisme pour tous, mais un nouvel ordre du monde, structuré autour d’une dizaine de grandes civilisations toutes rivales les unes des autres et donc susceptibles de s’affronter. La grande histoire du monde, François Reynaert

Les extrémistes cherchent à déstabiliser l’adversaire pour le forcer à rejeter les musulmans en bloc, de manière à pousser ceux-ci dans les bras des fanatiques qui prétendent les représenter. La grande histoire du monde, François Reynaert